Le Bistrot des douves à Verteuil-sur-Charente
Là où bat le pouls du village
Dans le village, Nicolas Poux a ouvert un bar vintage devenu un lieu de vie sociale et culturelle, fédérateur des habitants et des touristes
Le château de la famille de La Rochefoucauld surplombe la Charente depuis le Moyen Âge. À ses pieds, les maisons en pierre s’agglutinent autour de ses anciens contreforts. La plupart sont d’anciennes dépendances du château, devenues des habitations. Çà et là, des fenêtres à meneaux, un blason sur une porte ou un arc en ogive rappellent l’époque où le village était une halte d’importance pour les pèlerins de Compostelle. Les affres du temps semblent avoir eu peu d’incidence sur cette « Petite Cité de caractère », où, l’été, les touristes sont plus nombreux que les habitants.
Entre deux maisons basses aux accents Renaissance, une façade détonne : des panneaux de bois jaune moutarde, des moulures 1900, une enseigne en émail vantant un breuvage oublié et, sur la corniche, le nom du bar écrit en lettres brunes dans une calligraphie d’avant-guerre. Le Bistrot des Douves est l’un des rares commerces de cette commune de 600 âmes. Dans la vitrine, une caisse enregistreuse sans âge côtoie un cochon serveur en bois et quelques objets publicitaires de l’époque de nos grands-parents. L’intérieur est du même tonneau : carrelage aux volutes rétro, tables en bois sombre, banquettes lie-de-vin et, au-dessus du comptoir en zinc, un immense miroir façon Art nouveau où se reflètent les spiritueux. Au plafond, un Bacchus en plâtre invite le visiteur à faire ripaille. Le Bistrot des Douves a tout l’air d’un café « dans son jus », préservé comme un trésor depuis le début des Trente Glorieuses. « Ce n’est pas le cas, mais j’aime qu’on le croie ! » s’amuse le maître des lieux, Nicolas Poux.
"L’avantage d’être à mi-chemin entre Angoulême et Poitiers, loin des salles de spectacles, c’est qu’on peut tout faire ! "