« Opposer ville et campagne ne nous fera pas avancer »
par Magali Talandier
Dans une tribune au « Monde », Magali Talandier, professeure en études urbaines et régionales à l’université Grenoble-Alpes, décrit les conséquences de l’exode des villes vers les campagnes provoqué par la crise sanitaire s’il venait à perdurer.
Face à la pandémie de Covid-19, la densité de population a très vite été considérée comme l’un des principaux facteurs de propagation du virus. Si ce lien entre densité et pandémie apparait finalement plus faible que prévu, le modèle urbain ressort affaibli de la crise et reste accusé de tous les maux, à la fois en termes de santé, mais aussi de pauvreté, d’inégalités, d’insécurité, de pressions écologiques, etc. Certains voient alors dans le péril des métropoles, une revanche des campagnes et l’avènement possible d’un nouvel équilibre territorial (et donc social). Cette géographie idéalisée du monde d’après serait le résultat d’un exode massif des villes vers les campagnes.
Cette utopie rurale s’ancre sur les liens affectifs, familiaux, récréatifs, résidentiels, que les Français entretiennent légitimement avec le monde rural. Pour autant, si dans un monde post-Covid-19 certains facteurs semblent à même de provoquer un exode sanitaire vers les campagnes, il est, d’une part, beaucoup trop tôt pour s’en assurer et, d’autre part, assez risqué de s’en réjouir trop rapidement.
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