Quand la tapisserie rencontre l’univers de Hayao Miyazaki
Trois questions autour du documentaire « Tokyo-Aubusson »
« Tokyo-Aubusson, le voyage en tapisserie de Hayao Miyazaki » est un film documentaire qui raconte la fabuleuse épopée qui lie la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson et le Studio Ghibli. Sonia Moumen et Richard Coconnier ont filmé ce projet pendant quatre ans… Rencontre autour de leur réalisation en trois questions-réponses.
Quel est l’objectif du film documentaire que vous avez coécrit ?
L’objectif de notre documentaire est de montrer comment le savoir-faire traditionnel et ancestral de la tapisserie d’Aubusson à su se renouveler, notamment autour des projets d’envergure internationale portés par la Cité de la tapisserie. Actuellement, des tapisseries monumentales inspirées des films animés de Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli sont en train d’être tissées à Aubusson. Notre film a pour ambition de raconter cette incroyable aventure qui relie une toute petite ville du centre de la France au plus prestigieux studio d’animation japonais. Nous souhaitons montrer en quoi cet aller-retour artistique entre deux genres – l’image animée et l’image tissée – est porteur de créativité et fait sens.
En quoi le travail réalisé autour de l’œuvre de Miyazaki est-il exceptionnel pour la tapisserie d’Aubusson mais aussi pour vous ?
Travailler autour de l’oeuvre de Hayao Miyazaki est exceptionnel à plus d’un titre: par la notoriété de cet artiste, par le nombre et la taille des tapisseries (autour de 25m2 chacune), par l’implication de toute une filière en Creuse (ateliers, manufactures, coloristes, cartonniers, lissiers…). C’est un pari fou que de vouloir casser l’image poussiéreuse de l’art de la tapisserie en allant sur le terrain du cinéma d’animation. Tisser des films emblématiques comme Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant, Princesse Mononoké ou encore Mon voisin Totoro, c’est donner à voir en tapisserie des héros et héroïnes d’aujourd’hui qui ont forgé l’imaginaire de plusieurs générations. En faisant se rencontrer ces deux mondes, ces deux univers, ces deux imaginaires, Aubusson revendique une place de centre de création internationale, ancré dans son époque et capable de se renouveler. C’est très puissant !
Pour quelle raisons avez-vous décidé de finir votre film en vous déplaçant au Japon ?
Nous suivons toutes les étapes de ce projet depuis 2021 et avons déjà vu naître quatre tapisseries sur les six qui verront le jour. Lorsque nous avons commencé nos premiers tournages, nous ne savions pas encore que plusieurs tapisseries seraient montrées au Japon, et singulièrement sur le Pavillon France de l’Exposition universelle d’Osaka à partir de la mi-avril 2025. Cela a été une occasion unique pour nous de saisir comment le travail des artisans d’Aubusson autour de l’oeuvre d’un réalisateur adulé au Japon est compris et apprécié. Ce « retour » au japon constitue le dernier chapitre de notre film documentaire et en donne aussi le titre : Tokyo-Aubusson : le voyage en tapisserie de Hayao Miyazaki.
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